Femmes réseautées et engagées – La Marie Debout

Tissons des liens

Si mon corps est un pays

le coeur jusqu'au bout des doigts

Je suis la bohémienne

Je voyage d’un membre à l’autre

Mon pays est Mémoire

Celle de mes ancêtres

Celle de mes plaines, de mes montagnes

De mes ruisseaux et de mes cascades

De mon lac parfois sec ou d’une eau claire et limpide

Mon corps est un pays d’eau

Les rivières coulent dans mes veines

D’un rouge tellement foncé

Certaines ont de vieilles blessures d’âme

Quand j’y repense, mon cœur s’accélère

Mon pays s’agite

Je veux faire la paix

Avec moi, avec mes remords

Je reprends le chemin du plaisir

Je refais de la place dans mes veines

Pour une meilleure circulation

Mon pays vit en paix maintenant

Sans oublier ses cicatrices

Son histoire et ses racines

J’accueille mon corps comme il est

Je l’habite

J’habite tantôt mon cœur

Là d’où tout se propulse

Là où tout revient

J’habite le centre du monde

Le magma de la terre

La chaleur de la planète

La puissance de la nature

Je bats à tout rompre

J’habite mon cœur

La capitale où tout se passe :

Les bruits, les émotions

Le changement, l’amour

Le ressentiment, la colère

La douceur, la plénitude

Parfois c’est plutôt ma tête la capitale

J’habite tantôt dans mon intelligence

Mes insatisfactions

Je vis loin de l’acceptation

Dans la droiture, l’absolu et l’intransigeance

Mais

À bien y penser

Je suis plus souvent dans mon cœur

Parce je ne m’aime pas toujours quand je suis dans ma tête

Je vis dans mon cœur jusqu’au bout des doigts

Là où mes ancêtres vivaient aussi

Je vois que tout passe par le cœur

Ma tête informe mon cœur

Et mon cœur informe ma tête

J’habite mes jambes

J’explore, je bouge

Avec les femmes d’avant et de demain

Je continue la marche vers la liberté

Je suis solide, je suis sensible

Je marche dans les traces de celles qui m’ont précédée.

Nous avons soif de justice

J’habite mes mains

Gardiennes de ce que je veux bien garder

C’est le pays de mes Ancêtres

De ma mère, de mes grands-mères

De mes arrières grands-mères…

Elles ont travaillé dans l’ombre avec leurs mains

Sans reconnaissance

Sans elles, personne n’aurait manger

Personne n’aurait eu de vêtements à porter

Personne n’aurait été bercé

Ma reconnaissance est transgénérationnelle

J’habite mes yeux

Je découvre ce qui m’entoure

J’habite encore mon cœur

Pour mieux voir ce qui m’entoure.

*goutte à goutte

Si mon corps est un pays :

Il se situe sous la prison des côtes

Il se sent à l’étroit, il veut explorer d’autres sensations

Il veut sortir de cette prison qui l’étouffe

Se sentir libre, sentir l’air de l’amitié, de l’amour, de la reconnaissance

C’est un petit pays mais il a sa royauté, sa grandeur d’âme

Je vais briser les liens qui m’étouffent

M’enraciner dans le cœur aimant.

Je me trouve sur le bord de l’eau

Le vent a parfois fait des dégâts

Mais sa présence est toujours aussi libératrice

En paix avec mon passé

Fière de mon histoire

Mon pays est imparfait mais rempli d’amour

Je me libére de mes racines étouffantes et je les porte fièrement

Comme un porte-bonheur

*ma main est vivante

Si mon corps est un pays :

Je me trouve au pays des essentielles

Au pays des tourmentées

Au pays des blessées

Des déracinées ou des enracinées ?

J’habite un pays entrelacé de diversités

D’histoires et de bagages

Bagages à apporter, bagages à traîner

Je n’ai pas le choix

Je suis au pays de mon identité

Pleine d’histoires mais de quelles histoires ?

J’ouvrirai ces bagages afin d’honorer d’où je viens

Accepter ceux qui me sont imposés

Ces bagages seraient peut-être moins lourds à trimballer

Si j’arrivais à les imprégner dans mon corps

Puisque je ne peux les rejeter

J’habite un pays sans frontière

Rempli de l’ADN de ma prochaine étape

Je la veux toute pleine de reconnaissance

Remplie de fantômes bienveillants

De déesses de joie et de sorcières douces…

Remplie de moi

Afin de me sentir bien vivante

Bien ancrée dans mon pays de l’essentiel.

Texte collectif écrit dans le cadre de l’atelier Santé vous bien!

Lignes de vie atelier du 2 octobre 2019

Un commentaire sur “Si mon corps est un pays

  1. Nicole
    26 octobre 2019

    Un voyage d’images et d’émotions dans tous ces mots.

    J'aime

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Information

Cette entrée a été publiée le 17 octobre 2019 par dans Activités créatives.
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