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Le vieillissement génital et son impact sur la santé sexuelle

fleurSi vous avez passé le cap du 50 ans et que la ménopause vous avait, jusqu’alors épargnée, cessez de courir, cette dernière vous talonne. Cessez de vous essouffler, la ménopause gagne toujours. Mais son arrivée ne doit pas vous définir. Bien qu’inévitable, elle n’est pas une finalité, mais bien le passage vers une autre étape de votre vie. C’est le chemin du combattant pour arriver à ce que plusieurs appellent l’âge de la sagesse. Il est vrai, néanmoins, que vous en suerez un coup pour y arriver.

Dans les prochaines lignes, nous tenterons de comprendre comment la ménopause, en plus des sautes d’humeurs et des bouffées de chaleur, modifie notre organe génital interne et comment ces changements peuvent affecter notre santé sexuelle.

La maudite ménopause

Tout d’abord, on parle de ménopause lorsqu’il y a arrêt complet des règles pendant 12 mois consécutifs. Des saignements au 9ième mois ? Le compteur retombe à zéro; vous n’êtes pas à bout de vos peines.

Qu’est-ce qui provoque l’arrêt des règles? La femme naît avec son lot d’ovules immatures qui se développeront tout au cours de sa vie, des règles à la ménopause. C’est un peu comme si on naissait déjà avec notre entrepôt d’ovules. Notre corps ne les produit pas à l’adolescence, il les sort de l’entrepôt et les rend mature pour la fécondation avant de les livrer via les trompes de Fallope. La ménopause, c’est que notre entrepôt est vide, que les ovules sont back order où que les employés ont quitté la shop.Il n’y a plus de maturation d’ovule. Ce qui est important de savoir est que chaque mois, la préparation et l’expulsion des ovules permettent aux ovaires de sécréter ce qu’on appelle des hormones gonadiques; l’oestrogène et la progestérone. Une fois l’entrepôt fermé, les ovaires ne produisent plus ces hormones qui vous avaient accompagnées tout au long de votre développement. Et c’est cette diminution hormonale qui sera responsable des changements au niveau du vagin.

Le vagin

Rappelons-nous de quoi cela à l’air, le vagin:

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image tirée du : https://www.pfizerpro.fr/condition/sante-de-la-femme/la-vulvo-vaginite-atrophique/physiopathologie-et-clinique

La diminution de la production d’œstrogènes par les ovaires entraîne une atrophie du vagin, un amincissement de la paroi du vagin, une diminution de la lubrification, la disparition des plis vaginaux, la diminution des dépôts graisseux des grandes lèvres et la perte de l’élasticité des tissus.

Bon! Pour celles qui se demandent si c’est normal de ressentir de la douleur lors des relations sexuelles avec pénétration, relisez une seconde fois le paragraphe précédent. Ouch!Le vagin est duveteux, épais et élastique. Il est couvert de plis graisseux et vascularisés. Pendant la phase d’excitation, le vagin chez la plus jeune s’allonge pour accueillir le pénis. Avec l’âge, les plis qui permettaient l’étirement disparaissent, les parois duveteuses laissent place à une peau mince qui perd son élasticité et la lubrification se fait plus rare. Les pénétrations peuvent donc, pour certaines, devenir douloureuses. On parle alors de dyspareunies, ou douleurs à la pénétration. Plusieurs études démontrent que ces modifications vaginales ont un impact négatif sur la libido, le plaisir sexuel et même l’estime personnelle.

Évidemment, les troubles sexuels chez la femme ménopausée ne sont pas uniquement dus aux modifications vaginales. Les bouffées de chaleur, la baisse de la libido causée par la diminution de la production de testostérone, la routine, le manque de communication, la dépression, l’insomnie ou l’incontinence urinaire, pour ne nommer qu’elles, sont également des causes possibles de l’insatisfaction sexuelle chez la femme ménopausée.

Le toucher

La ménopause apporte son lot de mécontentements, certes, mais elle ne doit pas être la cause et l’excuse à notre insatisfaction. Elle nous invite plutôt à revoir notre sexualité, notre rapport avec la génitalité. Et si la pénétration n’était pas tout? Et si on la remplaçait par la masturbation et les caresses?

Saviez-vous que le clitoris ne perd jamais de son excitabilité malgré l’avancement en âge? Eh oui, il est toujours là, prêt à vous faire perdre la tête. Pourquoi ne pas en profiter?

De plus, le toucher libère une hormone dite du bonheur, l’ocytocine. L’ocytocine est l’hormone de la confiance, de l’amour, du calme. Comment? Elle contrecarre les effets du stress, diminue l’hypertension artériel et augmente le seuil de la douleur (tiens, tiens!).
Le toucher pourrait-il donc devenir une alternative au coït? Pourquoi pas?!

En conclusion

Ce qu’il faut retenir ici c’est que le corps change avec l’âge. Pour certaines femmes, la ménopause marque une évolution qui peut être troublante ou même gênante. Les modifications au niveau vaginal qu’elle entraîne accentuent souvent cet inconfort et peut même créer de sérieux conflits au sein du couple. Comme elle est inévitable, aussi bien apprendre à l’apprivoiser cette ménopause. Parlez-en à votre médecin. Allez au devant de votre gêne et demandez les alternatives médicales et naturelles possibles pour diminuer l’impact des changements vaginaux sur votre vie sexuelle. Aussi, communiquez avec votre partenaire, explorez ce qui vous fait du bien, prenez votre temps et touchez-vous!

photo caroline

Caroline Vincent

Caroline est infirmière et a créé l’organisme La petite culotte. Si vous voulez en savoir plus, consultez ce site internet.

Références

Bee, H. et Boyd, D. (2011). Les Âges de la Vie (4e édition). Saint-Laurent, Québec: ERPI.

Buguet-Siard, S. (2010). Jouir et Vieillir sans rougir. Saint André de Sangonis, France: Éditions Bérangel.

Landry, G. (1980). Le vieillissement et la physiologie sexuelle féminine. Santé mentale au Québec, 5(2), 119-127. Doi: 10.7202/030081ar

Tortora, G.J. et Derrickson, B. (2007). Principes d’anatomie et de physiologie (2e édition). Saint-Laurent, Québec: ERPI.

Simon, J. A., Davis, S. R., Althof, S. E., Chedraui, P., Clayton, A. H., Kingsberg, S. A., Nappi, R.E., Parish, S.J., & Wolfman, W. (2018). Sexual well-being after menopause: an international menopause society white paper. Climacteric, 21(5), 415-427. Doi:10.1080/13697137.2018.1482647

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Cette entrée a été publiée le 25 mars 2019 par dans Enjeux.
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