Femmes réseautées et engagées – La Marie Debout

Tissons des liens

Nous revenons de loin … Rien n’est acquis

Ne l’oublions pas !

Il y a 100 ans , au Québec , une famille sur 5 comptait ​au moins 10 enfants .​ Ce taux de fécondité a été le plus fort parmi la société occidentale ​jusqu’en 1950. Qu’est- ce qui influençait tant ce haut taux de natalité? Jusqu’en 1892, le Code criminel du Canada considérait comme criminelles la vente, la publicité ou l’offre de contraception. Pour prévenir ou espacer les grossesses, on utilisait alors la méthode du calendrier, l’allaitement, les condoms, les douches vaginales et les diaphragmes ainsi que l’abstinence bien sûr.

Pressions de l’Église

Jusqu’en 1950, au Canada et davantage au Québec, religion et contraception ne font pas bon ménage . L’Église catholique occupait une position centrale dans presque toutes les sphères de la société québécoise (santé, éducation, culture, etc). La contraception est défendue jusqu’en 1950 et il faut attendre 1969 pour que celle-ci soit décriminalisée.

Religion

Les enfants étaient des dons de Dieu….

Se refuser à son mari était péché.

Communion et absolution des péchés pouvaient être refusées par le prêtre si la femme n’avait pas d’enfant à l’intérieur de 2 ans après le dernier né.

Quant aux familles protestantes aisées et urbanisées au Québec, elles sont les premières à diminuer leur taux de fécondité puis l’ensemble des anglophones, par la suite les francophones catholiques .

 Pressions économiques

Les pressions économiques dans les familles québécoises jouent sur le taux de fécondité.

À la campagne, la main d’œuvre nécessaire aux travaux de la ferme sont les enfants.

100 arpents de terre sont ​donnés​ après le ​12 ième​ enfant

La pauvreté est extrême dans les familles urbaines. Les enfants doivent travailler à l’usine.

Les familles aisées par contre encouragent la scolarisation de leurs enfants.

Le Québec a été la dernière province du Canada à rendre l’école obligatoire jusqu’à 14 ans.

1959 la Révolution tranquille 1959-1970

Maurice Duplessis, premier ministre du parti de l’Union Nationale et allié des représentants de l’Église, meurt en 1959. Les contestations des mouvements populaires et syndicaux , les manifestations culturelles , longtemps contenues par l’intransigeance de Duplessis, éclatent. Un vent de modernité souffle sur le Québec. La grande noirceur s’est terminée et le carcan des institutions religieuses aussi. Ce bouleversement va accentuer la dénatalité par un changement de mœurs et de culture.

Nationalisation des hôpitaux et des écoles, antérieurement sous l’autorité presqu’exclusive du clergé.

Famille

Mères et enfants à la Goutte de lait dans Hochelaga vers 1950

Accès pour les femmes, aux études et au marché du travail , donc accès à leur indépendance économique.

Aspirations individuelles changent.

Mutation de l’idée de la famille.

Augmentation de l’âge du premier mariage.

1960-70 le mouvement des femmes s’accentue aux États-Unis-Canada-Québec.

1960, le gouvernement fédéral autorise la commercialisation de la pilule contraceptive , sa décriminalisation n’aura lieu qu’en 1969.

En 1969, l’avortement n’est reconnu légal que si un comité, formé de 3 médecins  certifie ​que la continuation de grossesse met la santé ou la vie de la mère en danger.

De 1970-90, durant 20 ans , « NI PAPE- NI JUGE – NI CONJOINT, C’EST AUX FEMMES DE DÉCIDER » sera le slogan de mobilisation du mouvement des femmes au Québec-Canada pour la reconnaissance du ​droit des femmes à l’avortement.

On se souviendra aussi des multiples procès contre le Dr Morgentaler qui pratiquait, dans l’illégalité, des avortements pour venir en aide aux femmes au prise avec une grossesse non désirée. Le Dr Morgentaler fut, à 3 reprises, acquitté par les jurés.

Aux États Unis, c’est en 1973, par la Loi Row, que les femmes obtiennent des services d’interruption de grossesse mais chaque état est libre d’accepter ou non la pratique de cet acte médical.

1988. En cour Suprême du Canada, 3 médecins , dont Morgentaler gagnent leur procès. Ce dernier jugement ​décriminalise l’avortement en le reconnaissant comme un acte médical et devient donc sous juridiction provinciale. Il revient par conséquent aux provinces de rendre accessible des services professionnels d’avortement.

Pour peu qu’on se tienne au courant de cette lutte menée par les groupes de femmes à l’échelle internationale et appuyée par bon nombre d’organisations populaires et politiques depuis des décennies, force nous est de constater que rien n’est acquis, ni ici, ni aux États-Unis, ni partout ailleurs dans le monde .

Dans un prochain article, je vais vous revenir sur l’affaire Daigle-Tremblay, communément surnommée, qui, un an après  la décriminalisation de l’avortement par la Cour suprême , a remis en question la liberté des femmes… mais pas pour longtemps….

photo lise g.

Lise Gratton

 

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Cette entrée a été publiée le 11 mars 2019 par dans Enjeux.
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